Jour 2 – L’estuaire du St-Laurent : Iles
du Bic au Detroit d’Honguedo (environ Cloridorme)
La météo
est toujours très clémente au petit matin, alors que je m’extraie de ma
couchette vers les 8h00 pour attraper le petit-déj – pas très copieux ni varié;
on a des tranches de pain avec de la confiture, du beurre d’arachide, des
tranches de fromage et de petites viandes froides de mauvaise qualité. Si on
fait escale, je fais des provisions!
Après une
douche rapide (car on conserve l’eau sur un bateau), je me prépare
tranquillement pour le prochain quart de 10h00 qui arrive vite quand tu te
couches à 03h00 et tu termines le petit-déj à 8h45.
Nous avons
quitté la Côte Nord de l’estuaire et avons maintenant un cap qui nous rapproche
à moins de 5 miles nautiques des côtes de Cap Chat, ce qui donne une vue
imprenable sur les Chics-Chocs. Le bateau n’avance vraiment pas vite, en
moyenne 6-7 nœuds, et nous hissons et affalons les voiles au gré des humeurs
d’Eole qui joue avec nous en nous envoyant tour à tour du vent du Nord-Est et
du Sud-Ouest.
Finalement
la seconde officier décide d’affaler tout ça et de mettre le moteur à fond, ce
qui nous donne un peu plus de vélocité et nous donne l’impression de finalement
avancer.
Le quart de
jour sur un bateau, surtout quand on est à moteur, est affairé souvent à faire
des petites tâches d’entretien. Aujourd’hui nous n’y échappons pas, je passe
les deux premières heures du quart à huiler les planches de côté des 2 ponts
avec de l’huile de teck, et en plus je trouve ça relaxant J. Par contre on se rend vite compte
que comme dans toute équipe, tous ne partagent pas le lot de la même manière.
Nous avons à bord des apprentis-matelots qui sont un peu moins bien équipés que
d’autres (on se demande s’ils s’en allaient sur un bateau de croisière en
Floride…) et certains qui sont un peu moins prompts à aider et à accomplir les
tâches qu’on leur donne. Je travaille très fort à ne pas me laisser affecter
par la frustration qui en résulte souvent.

Chaque
jour, nous avons une séance appelée « Happy Hour », où tous les
passagers sont appelés sur le pont avant. Malheureusement, aucun cocktail n’y
est distribué, c’est plutôt l’heure de lavage quotidienne du bateau! Chacune
des 3 équipes est assignée en rotation soit aux ponts, à l’intérieur de la
salle commune, ou aux dortoirs et salles de bain. Moppe en main, chiffon sur
l’épaule, les 33 apprentis matelots frottent et frottent pour rendre notre
belle goélette à trois mâts toute propre malgré ses 44 passagers! L’après-midi
est aussi agrémenté d’un exercice de sécurité: « Abandon Ship
drill ». Très divertissant, compte tenu qu’on nous fait enfiler des
combinaisons d’immersion énormes et extrêmement inconfortables, comme nous
devrions le faire en cas d’une réelle évacuation. Avec un body suit en néoprène
isolé avec gants et casque de caoutchouc et une énorme fermeture éclair qui
enforme notre corps dans cette combinaison de survie, nous avons tous l’air de
bonhommes lunaires. Cela donne lieu à bien des fous rires et quelques photos
cocasses J
La journée
est douce, la mer est magnifique et calme – et nous avons droit à un coucher de
soleil d’une heure et demie, fidèle à ce que cette partie du monde sait nous
donner. La lumière dorée à travers le hublot du navire me ravit et je me répète
pour la 55e fois aujourd’hui à quel point je me sens privilégiée de
vivre cette expérience.
Après le souper, un membre d’équipage qui étudie les
cétacés nous fait une petite conférence improvisée sur les baleines que nous
pourrions rencontrer en chemin – c’est incroyable le nombre d’espèces
différentes qui vivent dans cette partie du monde!!! Nous avons vu un peu de
bélugas le premier jour au large de St-Siméon, j’espère voir des dauphins et au
moins une grosse baleine d’une espèce que je ne connais pas – à suivre!
Après le souper, un membre d’équipage qui étudie les
cétacés nous fait une petite conférence improvisée sur les baleines que nous
pourrions rencontrer en chemin – c’est incroyable le nombre d’espèces
différentes qui vivent dans cette partie du monde!!! Nous avons vu un peu de
bélugas le premier jour au large de St-Siméon, j’espère voir des dauphins et au
moins une grosse baleine d’une espèce que je ne connais pas – à suivre!
On se
prépare pour le quart de 22h00 en se disant qu’il fera moins froid que la
veille selon la météo – mais le ciel partiellement couvert et l’humidité qui
est plus présente fait mentir le Dieu météo. Ayant allégé mes bagages à Québec
par peur d’en apporter trop, je réalise que j’ai laissé trop de vêtements chauds
derrière et je gèle un peu dehors la nuit. Ce soir je prend la barre – et nous
passons les 4 prochaines heures à jouer au chat et à la souris avec les bateaux
de pêche et les chalutiers qui eux, n’ont pas de cap et naviguent au gré des
bancs poissons, mais dont la conduite erratique peut être très dérangeante pour
un grand bateau qui ne se « tourne pas sur un dix sous ». Nous avons
beaucoup moins d’étoiles que la veille et le ciel se confond avec la mer dans
la nuit noire – ce qui donne une impression un peu étrange de flotter dans la
nuit. Mais à la barre d’un bateau au milieu du néant, on a l’impression de
posséder le monde.
Log book:
Route approx: Du large des Iles du Bic au large de Cloridorme (00:00 à 00:00) le long de la Côte Sud de l'estuaire - sous moteur et voile
Distance 145 NM
Vent SO à O 3-10 nds


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